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21/01/2020

Epargne retraite : «Des dispositifs attractifs pour conserver ses talents»

Produit complémentaire de la santé et de la prévoyance, l’épargne retraite constitue un enjeu majeur pour les entreprises. Le courtier en assurances Verlingue en a fait un axe fort de développement, d’autant que le marché devrait profiter des changements instaurés par la loi Pacte et la réforme des retraites en cours. Explications de Jean-Marc Esvant, directeur général adjoint de l’entreprise.

 

Pourquoi Verlingue se positionne activement sur le marché de l’épargne retraite collective ?

Jean-Marc Esvant. Encore très récemment, en matière de protection sociale, les employeurs étaient avant tout préoccupés par les couvertures santé et prévoyance des salariés. Proposer une « mutuelle » qui remboursait bien les lunettes ou les prothèses dentaires était le critère majeur de satisfaction des salariés. Avec les décrets, circulaires et autres règlements mis en place depuis 2005, la prise en charge des complémentaires santé est désormais en partie standardisée. Aujourd’hui, nos clients sont interpellés par deux actualités majeures : la loi Pacte et la réforme des retraites. Salariés et employeurs se rejoignent sur les interrogations liées aux dispositifs d’épargne retraite et sur la nécessité de mieux appréhender le sujet dans l’entreprise. Nous intervenons quotidiennement sur l’ensemble des risques de l’entreprise, ce qui nous a naturellement amenés à nous renforcer pour accompagner nos clients sur ce marché, troisième pilier de la protection sociale.

 

La réforme des retraites, actuellement en cours de préparation, relance-t-elle la question de l’épargne retraite d’entreprise ?

Cela crée un énorme « buzz » autour de la retraite en général et de la nécessité de préparer la baisse de revenus après sa vie professionnelle en particulier. Je pense que nous sommes en train de faire une thérapie collective sur les retraites. Les salariés prennent conscience que leur taux de remplacement va baisser au fil des années. Il y a dix ans, lorsque l’on parlait de sa retraite à un jeune collaborateur, il disait qu’il n’y pensait pas. Aujourd’hui, la question l’intéresse. La retraite est devenue un sujet d’interrogation des partenaires sociaux dans les entreprises.

 

« Les entreprises sans stratégie ou solution en matière d’épargne retraite ne réussiront pas à capter et fidéliser les talents »

Pourquoi alors les entreprises proposent-elles si peu de retraite supplémentaire ?

Nous avons réalisé un sondage auprès de 500 entreprises clientes. Seulement 30 % d’entre elles proposent un dispositif d’épargne retraite collective. Parmi les entreprises qui sont équipées, la moitié a mis en place un dispositif uniquement pour leurs cadres. Si la réforme des retraites entre en vigueur, les cadres supérieurs devraient acquérir des droits à retraite sur trois PASS (plafonds annuels de la Sécurité sociale, NDLR) au lieu de huit aujourd’hui. Cette forte réduction des cotisations génératrices de droits va pénaliser les cadres supérieurs et dirigeants qui, en cotisant moins, vont voir le montant de leurs pensions chuter. La loi Pacte offre un cadre d’opportunité pour répondre aux enjeux en matière de retraite et constitue un premier levier pour compenser la baisse inéluctable des taux de remplacement. Il conviendra néanmoins de s’assurer pour les cadres supérieurs que le régime fiscal et social des dispositifs pactisés soit suffisamment attractif. Il faut espérer que les gouvernements continueront d’œuvrer en ce sens en introduisant une incitation fiscale et sociale réelle dans les dispositifs d’épargne supplémentaire. La question du taux de remplacement va concerner plus largement tous les collaborateurs, et les entreprises vont devoir de toute façon se pencher sur le sujet et proposer des dispositifs attractifs pour conserver leurs talents et en recruter de nouveaux. L’épargne retraite collective va donc constituer un élément important du package de rémunération et une brique essentielle de la compétitivité sociale des entreprises. La réforme des dispositifs d’épargne retraite collective est venue améliorer leur attractivité avec notamment la possibilité de sortie en capital, jusqu’à présent impossible. Je remarque que les sociétés à fort taux d’encadrement, comme celles dans l’informatique ou les nouvelles technologies, se sont déjà emparées du sujet. D’ici trois ans, 50% des entreprises devraient être équipées en retraite supplémentaire.

 

Comment accompagnez-vous les entreprises ?

Nous examinons les dispositifs d’épargne retraite mis en place par l’entreprise. Couvrent-ils l’ensemble du personnel ? Sont-ils alimentés par les salariés ? Répondent-ils à leurs besoins ? Offrent-ils des solutions digitalisées ? Que proposent leurs concurrents ? Si l’entreprise n’est pas équipée, nous identifions ses problématiques et enjeux. En fonction des réponses et de l’enveloppe financière fixée, nous élaborons alors des préconisations. Dans le cadre de sa politique de fidélisation, une entreprise a intérêt à mettre en place un dispositif de retraite supplémentaire attrayant. Une fois l’audit financier, social et fiscal achevé, nos experts de l’épargne retraite travaillent avec l’entreprise pour définir la solution répondant au besoin. Nous allons ensuite chercher le meilleur opérateur répondant aux objectifs fixés, qui la mettra en place.

 

Avec quels opérateurs travaillez-vous ?

Notre force est d’être totalement indépendants. Nous choisissons l’opérateur qui sera le plus adapté à la solution choisie. Cela peut être un assureur, un bancassureur, une institution de prévoyance… Vous pouvez imaginer la meilleure solution qui soit : si la prestation de gestion n’est pas de qualité de bout en bout, cela ne sert à rien et, dans tous les cas, celle-ci doit prévoir un parcours digital optimum. C’est particulièrement vrai si vous souhaitez que vos salariés effectuent des versements volontaires et puissent avoir une bonne vision de leur épargne et simulation de leur niveau de retraite. Les meilleurs opérateurs en ont conscience et ont beaucoup investi dans le digital.

 

Comment s’assurer de l’adhésion des salariés ?

Une fois que les salariés auront compris qu’ils ne peuvent plus compter seulement sur la retraite obligatoire, ils vont s’impliquer naturellement dans la retraite supplémentaire. Mais si l’entreprise ne prévoit pas une brique de communication sociale, elle risque de louper le coche. Il est important que l’employeur utilise tous les supports – que ce soit la vidéo, le courrier envoyé au domicile, les réunions d’information, l’Intranet – pour faire la promotion de son ou de ses dispositifs d’épargne retraite. Notre rôle est aussi de les accompagner afin de s’assurer que le message passe bien. Rendre simples des dispositifs complexes n’est jamais facile.

 

– L’Opinion