Quels salariés sont les plus touchés par l’absentéisme ?

4 Novembre 2026
Partager

Verlingue, courtier en assurances spécialisé dans la protection des entreprises, publie la 10e édition de son Baromètre de l’absentéisme. Au premier semestre 2026, le taux d’absentéisme atteint 6 %, en hausse de 2 % sur un an. Cette progression concerne principalement les femmes, les employés et les cadres. Si la proportion des salariés arrêtés recule, les arrêts sont en revanche plus longs.

Absentéisme : le taux atteint 6 %, avec une hausse concentrée chez les femmes, les employés et les cadres

Le taux d’absentéisme progresse sous l’effet de la durée des arrêts

Au premier semestre 2026, le taux d’absentéisme atteint 6 %, contre 5,9 % au premier semestre 2025 et 5,5 % au premier semestre 2024. Il progresse ainsi de 2 % sur un an et de 9 % en deux ans.

Cette hausse intervient alors que l’exposition aux arrêts recule. 29,2 % des salariés ont été arrêtés au moins une journée au cours de la période, soit une baisse de 6 % par rapport au premier semestre 2025. Les arrêts sont toutefois plus longs. Leur durée moyenne atteint 19,9 jours, en progression de 5 % sur un an. Chaque salarié absent enregistre en moyenne 1,59 arrêt, contre 1,53 au premier semestre 2025.

Analyse de l’absentéisme par tranche de durée
Source : Analyse de l’absentéisme par tranche de durée, Baromètre absentéisme Verlingue, N°10

La baisse du nombre de salariés arrêtés ne suffit donc pas à contenir l’évolution du taux d’absentéisme. La durée des arrêts pèse davantage dans les résultats observés.

« Ces résultats montrent que l’absentéisme ne se résume plus à une question de fréquence des arrêts. Leur allongement, notamment chez certaines populations, constitue un signal important pour les entreprises. Il est essentiel de mieux comprendre les profils concernés et les facteurs à l’origine de ces absences pour adapter les politiques de prévention. L’enjeu est d’agir plus tôt et de manière plus ciblée, à la fois pour préserver la santé des salariés et limiter les conséquences durables pour les organisations. » Laurence Abiven, Directeur Actuariat, Verlingue

Les femmes, les employés et les cadres davantage concernés par la hausse

Les évolutions diffèrent fortement selon les profils. Le taux d’absentéisme atteint 7,6 % chez les femmes, contre 4,6 % chez les hommes. Il progresse de 4 % chez les femmes sur un an, alors qu’il recule de 1 % chez les hommes.

Les employés affichent un taux de 7,7 %, en hausse de 5 %. Chez les cadres, le taux atteint 2,9 %, en progression de 3 %. La durée moyenne des arrêts progresse particulièrement dans cette catégorie. Le taux d’absentéisme reste stable chez les ouvriers, à 7,7 %.

La hausse concerne aussi davantage les salariés de moins de 45 ans. Le taux progresse dans toutes les tranches d’âge jusqu’à 45 ans, tandis qu’il reste globalement stable ou recule au-delà.

Les femmes employées de moins de 45 ans cumulent les niveaux les plus élevés

Les femmes employées de moins de 45 ans voient leur taux d’absentéisme atteindre 9,1 % au premier semestre 2026, en hausse de 8 % sur un an.

Cette population est particulièrement exposée aux arrêts. 42,4 % des salariées concernées ont été arrêtées au moins une journée, soit 45 % de plus que la moyenne du panel. Le nombre moyen d’arrêts par salariée absente atteint 1,92, en hausse de 4 %.

Ces salariées sont particulièrement présentes dans la Santé, le Commerce, les Sciences de la vie et les Services. Leur situation contribue à expliquer les niveaux d’absentéisme observés dans plusieurs de ces secteurs.

Les arrêts longs pèsent de plus en plus lourds

Les arrêts de 31 jours et plus concentrent désormais 73 % des jours d’absence, contre 71 % au premier semestre 2025 et 70 % au premier semestre 2024.

L’exposition à ces arrêts longs progresse également. Elle passe de 6,42 % des salariés au premier semestre 2024 à 7,05 % au premier semestre 2026. La hausse concerne uniquement les salariés de moins de 40 ans, avec une progression particulièrement forte chez les moins de 30 ans, à +10 % sur un an.

Les arrêts de plus de 60 jours observés en 2025 sont principalement liés aux risques psychosociaux et aux troubles musculo-squelettiques. Ces deux catégories représentent respectivement 28 % et 24 % des pathologies identifiables. La durée moyenne atteint 195 jours pour les arrêts liés aux risques psychosociaux et 209 jours pour ceux liés aux troubles musculo-squelettiques.

Les profils concernés diffèrent selon les pathologies. Les arrêts longs liés aux risques psychosociaux sont plus fréquents chez les cadres. Les troubles musculo-squelettiques concernent davantage les non-cadres et leur part augmente avec l’âge.

La Santé reste le secteur le plus exposé

Les écarts entre secteurs restent marqués. La Santé affiche le taux d’absentéisme le plus élevé, à 8,5 %, devant l’Agroalimentaire à 6,8 %, les Transports à 6,5 % et le Commerce à 6,2 %. Le taux atteint 5,5 % dans les Services et 4,3 % dans le BTP. Les Sciences de la vie affichent le niveau le plus bas, à 4,5 % : leur taux recule de 8 % sur un an, tandis que celui des Transports diminue de 5 % et celui de l’Industrie de 2 %.

L’exposition aux arrêts baisse dans tous les secteurs. La durée moyenne d’absence augmente toutefois partout. La progression de la gravité est particulièrement marquée dans le BTP à +13 % et dans les Services, à +9 %.

Analyse de l’absentéisme par secteur d’activité
Source : Analyse de l’absentéisme par secteur d’activité, Baromètre absentéisme Verlingue, N°10

Le coût du maintien de salaire progresse de 4 %

Le coût du maintien de salaire augmente de 4 % entre les premiers semestres 2025 et 2026. La baisse de la proportion de salariés absents limite la progression globale, tandis que l’allongement de la durée des arrêts fait augmenter le coût moyen par salarié absent.

Ce coût direct s’ajoute aux dépenses liées à la gestion des absences, aux remplacements et à la perte de productivité. Le baromètre rappelle que ces coûts indirects peuvent représenter entre 2 et 4 fois le coût direct du maintien de salaire.

Novembre 2026 – 10ᵉ édition

Téléchargez le Baromètre Absentéisme Verlingue

  • This field is for validation purposes and should be left unchanged.