Les priorités des chefs d’entreprise dans un monde en pleine mutation
Les dirigeants d’entreprise européens redéfinissent leurs priorités en matière de gestion des risques face à la montée des cybermenaces et de l’incertitude au sein des conseils d’administration
- Selon une étude menée par WBN auprès de 1 000 dirigeants européens, près de la moitié considèrent la gestion des risques comme le deuxième levier le plus important pour la résilience de leur organisation, après l’innovation et la transformation numérique.
- Plus d’un dirigeant sur trois perçoit avant tout l’assurance comme un investissement stratégique au service de la performance de l’entreprise, avant d’y voir une protection opérationnelle essentielle.
- Les risques cyber et numériques, l’intelligence artificielle et l’incertitude économique figurent parmi les trois principales préoccupations des entreprises européennes.
Les dirigeants d’entreprise européens partagent largement les mêmes préoccupations face aux risques auxquels leurs organisations sont confrontées. Ils se distinguent toutefois par la manière et le rythme avec lesquels ils intègrent l’assurance dans les décisions stratégiques prises au niveau des conseils d’administration, selon les résultats du « New Risk Reality Report » de WBN.
Réalisée auprès de 1 000 dirigeants au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Espagne, l’étude a interrogé des responsables directement impliqués dans la souscription ou le renouvellement des contrats d’assurance. Elle a été commanditée de manière indépendante par WBN, en partenariat avec MarshBerry.
La nouvelle réalité en matière de risques
Ce rapport s’appuie sur une vaste étude menée auprès de plus de 1 750 dirigeants d’entreprise issus de six grandes économies afin de comprendre les facteurs qui influencent les décisions d’achat en matière d’assurance et l’évolution des attentes à l’égard des assureurs et des courtiers.
Quatre pays, quatre approches
Les dirigeants d’entreprise européens partagent les mêmes préoccupations face aux principales pressions qui s’exercent sur leurs organisations : les cyberrisques et risques numériques, l’intelligence artificielle et la volatilité économique. Près d’un dirigeant sur deux considère également qu’une « stratégie proactive de gestion des risques » constitue le deuxième levier le plus important pour renforcer la résilience de son organisation, juste derrière l’innovation et la transformation numérique.
La place accordée à l’assurance dans la stratégie de l’entreprise varie toutefois sensiblement d’un pays à l’autre :
- Royaume-Uni – Les dirigeants britanniques sont les plus nombreux à considérer l’assurance avant tout comme un investissement stratégique (51 %), au service de la résilience et de la performance de leur entreprise. Plus de la moitié d’entre eux (55 %) citent également la qualité du service comme le principal critère, et de loin, dans le choix d’un courtier, soit la proportion la plus élevée au monde. Ils se montrent par ailleurs particulièrement préoccupés par les cyberrisques et les lacunes en matière de cyberassurance.
- France – Avec 35 % des dirigeants considérant l’assurance comme un investissement stratégique, la France se situe dans la moyenne des pays étudiés. Elle affiche toutefois la plus forte proportion de dirigeants qui perçoivent encore l’assurance comme une « dépense inévitable » (6 %, contre 3 % à l’échelle mondiale). Dans le choix d’un courtier, 45 % privilégient le prix et le coût total du risque, qui constituent les facteurs les plus déterminants, suivis de près par la qualité du service.
- Espagne – Comme en France, 35 % des dirigeants considérent l’assurance comme un investissement stratégique. Toutefois l’Espagne présente la plus forte proportion de dirigeants qui considèrent l’innovation comme le principal levier de résilience, loin devant une stratégie proactive de gestion des risques ou la préparation aux crises. Contrairement à leurs homologues français, les dirigeants espagnols accordent davantage d’importance au prix qu’à la qualité du service (39 % contre 32 %). La spécialisation sectorielle (38 %) et l’étendue du réseau mondial (35 %) figurent également parmi les trois principaux critères pris en compte dans le choix d’un courtier.
- Allemagne – L’Allemagne affiche la proportion la plus faible de dirigeants européens considérant l’assurance comme un investissement stratégique (29 %). En revanche, 45 % la perçoivent avant tout comme une protection opérationnelle essentielle, soit une proportion nettement supérieure à la moyenne mondiale (34 %). Parmi les principaux facteurs contribuant à la résilience de leur organisation, les dirigeants allemands sont les seuls à placer au même niveau les cadres clairs de gouvernance et de prise de décision (48 %) et une stratégie proactive de gestion des risques.
Des pressions communes, des préoccupations différentes
La hausse des primes constitue la principale préoccupation liée à l’assurance dans l’ensemble de la région : elle est citée par 48 % des répondants en France, 43 % en Allemagne, 41 % au Royaume-Uni et 37 % en Espagne, soit la proportion la plus faible parmi tous les marchés étudiés. En Espagne, les principales préoccupations portent plutôt sur la capacité des assureurs à couvrir les catastrophes naturelles (40 %) et sur l’adéquation des garanties (36 %), un constat qui s’inscrit dans un contexte d’exposition accrue aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Neuf dirigeants européens sur dix estiment que la fonction de gestion des risques de leur organisation jouit d’une bonne réputation. Ils considèrent toutefois que le renforcement des relations, dans une approche davantage consultative que transactionnelle, constitue le principal levier pour renforcer encore cette réputation. L’instabilité géopolitique suscite davantage de préoccupations en Europe continentale qu’au Royaume-Uni. Elle figure parmi les trois principaux risques cités en France, en Allemagne et en Espagne, mais pas au Royaume-Uni, où les dirigeants placent plutôt la cybersécurité, les bouleversements liés à l’intelligence artificielle et l’incertitude économique au cœur de leurs préoccupations.
« Ce qui ressort le plus clairement de cette étude, c’est la rapidité avec laquelle l’assurance évolue pour devenir un véritable outil stratégique au service de la gestion des risques, de la résilience et de la stabilité du capital humain sur l’ensemble de nos marchés, même si cette évolution progresse à des rythmes différents. Elle s’intègre désormais pleinement à la planification stratégique des conseils d’administration, plutôt que d’être reléguée au second plan ou considérée comme un simple centre de coûts », déclare Olga Collins, PDG de WBN.
Le fossé : l’Europe face à l’Amérique du Nord
WBN a également interrogé 750 dirigeants aux États-Unis et au Canada, faisant apparaître plusieurs différences notables entre l’Amérique du Nord et l’Europe :
- Perception stratégique de l’assurance : Aux États-Unis, 49 % des dirigeants considèrent l’assurance comme essentielle à la résilience et à la performance de leur entreprise. Ce chiffre est proche de celui observé au Royaume-Uni (51 %), mais nettement supérieur à ceux enregistrés en Allemagne (29 %), en France (35 %) et en Espagne (35 %).
- Hausse des primes : La moitié des dirigeants américains citent l’accessibilité financière comme leur principale préoccupation en matière d’assurance, soit la proportion la plus élevée de l’ensemble des marchés étudiés. En Europe, cette proportion varie de 37 % en Espagne à 48 % en France.
- Choix d’un courtier : Les dirigeants américains et britanniques accordent une importance particulière aux outils numériques et à l’innovation (respectivement 43 % et 45 %), tandis que les entreprises d’Europe continentale, notamment en France et en Espagne, privilégient davantage le prix et la spécialisation.
Les membres du conseil d’administration de WBN issus des quatre pays étudiés ont réagi aux résultats de l’enquête :
Charles Bromfield, McGill and Partners (Royaume-Uni)
« À mesure que les frontières traditionnelles du risque s’estompent et que de nouveaux défis, tels que l’intelligence artificielle et les cyberrisques, émergent, les clients recherchent de plus en plus des solutions qui vont au-delà de la simple couverture des risques. Ils ont besoin de courtiers capables de concevoir des solutions de transfert des risques extrêmement ciblées, adaptées à leurs expositions les plus complexes. L’avenir de notre secteur repose sur l’alliance d’une expertise approfondie et d’une véritable portée mondiale, afin d’apporter clarté et confiance dans un environnement de plus en plus incertain. »
Benjamin Verlingue, Verlingue (France)
« Pour les entreprises françaises, la résilience repose sur une gestion proactive des risques et une préparation solide de réponses aux crises. Leurs préoccupations concernant la transformation numérique et la complexité des programmes internationaux sont bien réelles. En tant que courtiers, nous devons donc anticiper davantage et être en mesure de mobiliser plus rapidement notre expertise et nos ressources à l’échelle mondiale. »
Ralf Bender, SÜDVERS (Allemagne)
« Les entreprises allemandes restent très rigoureuses dans leur approche opérationnelle, mais la volatilité des cyberrisques et géopolitiques redéfinit leurs priorités. Les clients ont besoin d’une expertise sectorielle approfondie et de courtiers capables de les accompagner dans la complexité des exigences réglementaires, tout en renforçant la cohérence de leurs programmes sur les différents marchés. »
João Almeida-Santos, Grupo Concentra (Espagne)
« Les entreprises espagnoles sont confrontées à l’incertitude économique et à l’instabilité géopolitique et s’appuient sur une connaissance approfondie de la réglementation locale pour rester en conformité tout en conservant leur agilité. La hausse des primes et l’exposition aux catastrophes sont au cœur de leurs préoccupations ; elles attendent donc des courtiers qu’ils apportent une réelle valeur ajoutée et qu’ils assurent une meilleure coordination à l’échelle mondiale. »