Voiture connectée : l’enjeu de l’exploitation des données

Dossier Flotte d’entreprise – « Savoir identifier les informations les plus pertinentes », retrouvez l’avis d’expert de Raphaël Kerdraon, Directeur Flottes automobiles de Verlingue dans Les Echos.

 

« Par l’immédiateté des informations transmises grâce à la télématique embarquée et la multitude de données remontées que l’on peut exploiter, la voiture connectée constitue une véritable révolution pour le secteur automobile. Les gestionnaires de flotte ont ainsi à disposition des informations précises et fiables en temps réel sur la géolocalisation et l’état des véhicules. Encore leur faut-il savoir en exploiter les informations les plus pertinentes pour ne pas se noyer dans la masse de données transmises par les voitures ! C’est pourquoi les fournisseurs de solutions complètes de télématique s’attachent à consolider et à synthétiser toutes ces données sur leurs plates-formes informatiques pour en restituer des tableaux de reporting et des indicateurs clefs correspondant aux besoins des gestionnaires de parc.

 

La connaissance précise du kilométrage réel qui influe sur les contrats de location, de l’état des véhicules qui permet une maintenance préventive pour limiter les pannes, de la consommation qui optimise le budget carburant et même des comportements de conduite pour plus de sécurité sont les informations les plus pertinentes pour les flottes. La géolocalisation, qui permet d’accroître la productivité des collaborateurs, est aussi une arme contre les vols de véhicule que l’on peut retrouver.

 

L’enjeu de la cybersécurité

 

Sur le marché des particuliers, la voiture connectée change la donne pour les constructeurs automobiles. En ayant accès à toutes les informations transmises par les véhicules, les marques seront amenées à travailler sur leur univers et à apporter davantage de services à leurs clients. Elles vont se muer en fournisseurs de services de mobilité et pourront même prendre la main sur l’assurance en négociant directement avec le client. L’assureur Allianz l’a bien compris. Il propose déjà une prime d’assurance spéciale « conduite connectée » à -30 %.

 

Si la prochaine grande bataille des constructeurs se situe dans les services connectés, elle le sera aussi dans la cybersécurité des véhicules. Il en va de leur crédibilité sur de nouveaux modèles exposés au hacking informatique. Dans les flottes, l’autre enjeu est la protection des données personnelles. Il faudra que les constructeurs et les entreprises respectent les dispositions de la CNIL dans le domaine et que les salariés et particuliers acceptent que leurs véhicules soient tracés. Ce sentiment de flicage, encore vif, sera difficile à faire passer. »

 

 

Propos recueillis par Bruno Mouly.