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31/01/2018

Maîtriser ses risques et les hausses de tarif afférentes, c’est possible !

 

L’année 2018 n’a pas échappé à la règle : les tarifs des mutuelles ont sensiblement augmenté. C’est récurrent, avec des hausses annuelles de 3 % en moyenne. Thierry Beaudet, le président de la Mutualité française a annoncé des augmentations comprises entre 3 % à 4 % pour 2018, soit une majoration plutôt modérée au regard des autres annonces : 4,5 % en moyenne chez AXA, 4,80 % chez Generali, 4,9 % chez Malakoff Médéric et parfois jusqu’à 5 % ou 6 % de hausse. Pour les contrats de prévoyance, qui couvrent les arrêts de travail, l’invalidité et le décès, les augmentations de tarifs sont moins automatiques. Elles dépendent de l’équilibre de chaque contrat.

 

Il existe cependant une alternative à la hausse systématique des tarifs. Les entreprises peuvent mettre en oeuvre toute une série d’actions pour mieux maîtriser leurs risques. « Cela commence par l’analyse des données de consommation et de coûts en lien avec les benchmarks territoriaux et sectoriels dont nous disposons et se poursuit par une synthèse claire et partagée avec la direction de l’entreprise et les partenaires sociaux. Ces derniers peuvent en effet être les partenaires de bonnes pratiques auprès des salariés », dit Jean-Marc Esvant, directeur protection sociale chez Verlingue. « Nous livrons des informations utiles à l’entreprise et des comptes de résultat très détaillés, à partir desquels elles décident des actions à mettre en oeuvre », explique Patricia Delaux, directrice santé et prévoyance chez AXA Santé et Collectives.

 

Il n’y a cependant pas des milliers de leviers. Si l’on écarte toute hausse des cotisations, il reste à jouer sur les garanties, sur leur étendue et sur le nombre de personnes qui en bénéficient.

 

Rédaction soignée. « Il faut être attentif sur la manière dont les contrats sont rédigés et sur leur articulation quand il y a des surcomplémentaires. Pour notre part, nous faisons un véritable travail d’ingénierie d’écriture des garanties, avec des grilles de remboursement très précises selon les besoins médicaux et la réalité des facturations médicales afin d’éviter les dépenses inutiles ou excessives. Nous procédons de cette manière pour l’ensemble des postes de dépense », fait valoir Jean-Marc Esvant. Pour baisser les coûts, les entreprises peuvent aussi exclure les conjoints salariés de leur couverture santé, qui sont a priori couverts par leur propre employeur depuis 2016.

 

L’entreprise peut aller plus loin et décider d’utiliser les réseaux de soins. « Les dépenses optique et dentaire représentent chacune au moins 20 % des remboursements des complémentaires santé. Tenter de maîtriser ces postes via des réseaux de soins a, quand les salariés jouent le jeu, de vrais effets sur l’équilibre des contrats », explique Yanick Philippon. Les entreprises sautent de plus en plus le pas, surtout en optique. « Pour les convaincre, nous mettons à leur disposition un simulateur d’économies générées grâce aux réseaux de soins. C’est beaucoup plus efficace que les grands discours », note Christophe Scherrer, directeur général délégué chez Malakoff Médéric. « Après une phase de diagnostic, réalisé à partir du baromètre santé que nous proposons aux entreprises, nous construisons un programme de prévention et d’accompagnement adapté, basé sur tout ou partie d’une trentaine de services (e-coaching santé, calculateur absentéisme, accompagnement reprise…). Pour les entreprises qui s’engagent à mettre en place ce type de programmes, nous pouvons par anticipation accorder une baisse de tarif de 8 % à 10 %. Cela permet aussi de moduler les hausses pour les entreprises dont les régimes sont déficitaires », poursuit Christophe Scherrer.

 

Les mesures de prévention visant au bien-être des salariés ont plus d’impact sur les contrats de prévoyance que sur les régimes santé. Un salarié heureux et physiquement en forme est beaucoup moins en arrêt maladie. Là encore les assureurs mettent en place toute une série d’indicateurs pour avoir une photographie précise de l’absentéisme dans l’entreprise, pour identifier les causes des arrêts et tenter d’y remédier. Les assureurs utilisent aussi de plus en plus systématiquement le contrôle des arrêts de travail. « Un simple certificat médical demandé au médecin traitant et envoyé à notre médecin-conseil suffit à limiter les abus. Chez Axa, le contrôle des arrêts de travail est systématique depuis une dizaine d’années. Cela peut aller jusqu’à l’expertise médicale », explique Patricia Delaux. « Chez Generali, nous sommes en train de les généraliser », dit Yanick Philippon. Autre mesure efficace, l’aide au retour à l’emploi pour les salariés en arrêt, qui permet d’en limiter la durée et d’assurer un retour serein et éventuellement aménagé dans l’entreprise.

 

Mireille Weinberg – L’Opinion