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15/09/2017

L’esprit d’entreprendre monte en puissance

A l’occasion de la 25ème édition du Prix de l’Entrepreneur en partenariat avec Verlingue, EY a réalisé une étude sur l’évolution du paysage entrepreneurial français. 

 

Le prix de l’Entrepreneur de l’année, organisé par EY en partenariat avec HSBC, Verlingue, Steelcase et bpifrance, en est à sa vingt-cinquième édition. « Les Echos » apportent cette année encore leur soutien à l’événement. EY a réalisé à cette occasion une étude exhaustive qui fait le point sur l’évolution du paysage entrepreneurial français. Un paysage qui, depuis dix ans, se transforme considérablement… En bien !

 

Les jeunes de la génération Z sourient sans doute lorsqu’ils apprennent que leurs anciens de la génération X rêvaient d’être fonctionnaires… Il y a vingt-cinq ans, seulement 15 % des étudiants souhaitaient devenir entrepreneurs. En 2016, ils étaient 34 %, comme le souligne l’étude réalisée par le cabinet d’audit et de conseil EY et ESCP Europe pour le prix de l’Entrepreneur de l’année. Signe que le parcours préjalonné et la sécurité de l’emploi ont visiblement perdu un peu de leur éclat au profit de l’esprit d’entreprendre et d’innovation. S’il faut de tout pour faire une économie, on ne peut que se féliciter de ce rééquilibrage dans la distribution des cartes.

 

Associé EY, Jean-François Royer est responsable national du Prix de l’entrepreneur de l’année depuis sa création. Il accueille les candidatures des entreprises dont le capital n’est pas détenu à plus de la moitié par un groupe, dont le dirigeant est actionnaire à hauteur de 10 % au minimum, dont la croissance est à deux chiffres, et la rentabilité d’au moins 3 % sur le dernier exercice. Les start-up doivent, quant à elles, exister depuis moins de huit ans et réaliser un chiffre d’affaires d’au moins un million d’euros. En vingt-cinq ans, Jean-François Royer a été aux premières loges pour observer l’évolution du profil de l’entrepreneur. « Auparavant, l’entrepreneur était souvent un autodidacte, assez peu diplômé. Les jeunes des grandes écoles ambitionnaient d’intégrer des grands groupes. Aujourd’hui, ces derniers sont de plus en plus nombreux à vouloir être indépendants et créer leurs boîtes, constate-t-il. Il y a une belle génération montante, qui n’a pas froid aux yeux. »

 

Signaux positifs

 

Cette tendance n’est pas née par magie. Au cours des quinze dernières années, l’enseignement supérieur a multiplié les cours dédiés à l’entrepreneuriat et implanté les incubateurs d’entreprises au coeur des campus. La totalité des élèves des dix meilleures écoles de commerce et d’ingénieurs françaises suit au moins un cours lié à cette discipline, traitée sous tous ses aspects, y compris celui de l’entrepreneuriat social. En France, 120.000 étudiants suivent actuellement une formation à l’entrepreneuriat. Un chiffre encourageant lorsque l’on sait qu’un élève formé à cela a quatre fois plus de chances de créer une entreprise qu’un autre.

 

En réalité, ça ne fait qu’une petite dizaine d’années que les lignes bougent véritablement. Elles reflètent une société française qui prend peu à peu conscience qu’elle ne peut attendre de l’Etat qu’il résolve tous ses problèmes. En outre, les jeunes entrepreneurs souhaitent comprendre pourquoi ils travaillent et donner du sens à leur action, en ayant un impact sur la société et l’environnement qui les entoure. De leur côté, les dirigeants des grands groupes ont bien compris que les start-up étaient génératrices de R&D. Ils n’hésitent plus à les racheter, les soutenir, ou à nouer des partenariats avec elles. Dans 82 % des entreprises du CAC 40, on déclare qu’il est important d’interagir avec des start-up. Idem du côté de la finance, où les investissements en capital-risque sont en croissance soutenue (+22 % en 2016) ; et le succès du financement participatif porte la France en seconde position derrière l’Angleterre. Les hommes politiques ne sont pas restés étrangers au mouvement et intègrent davantage la notion d’entrepreneuriat à leurs discours. « Il y a encore cinq ans, je ne sais pas si cela ce serait aussi bien passé que lors des dernières élections présidentielles, interroge Jean-François Royer. L’entrepreneuriat n’avait jamais été mis autant en avant. »

 

Bien entendu, ces signes positifs d’une société qui bascule du « tout salariat » vers un modèle plus mixte ne doivent pas cacher les réalités du terrain. Bien que la partie la plus visible de l’iceberg entrepreneurial soit portée par les start-up, ces dernières, dirigées par les créateurs les plus diplômés, ne représentent qu’entre 10.000 et 30.000 entreprises sur les plus de 3 millions que compte l’Hexagone. Les micro-entreprises et les entreprises individuelles se multiplient. Souvent fragiles, elles génèrent peu de chiffre d’affaires et font également grimper les chiffres des défaillances. Par ailleurs, si les créations fleurissent dans le secteur du numérique et des services, on ne peut pas en dire autant du secteur industriel. « Créer une entreprise industrielle en France en partant de zéro paraît compliqué, tempère Jean-François Royer. Nous observons plutôt la transformation de nos entreprises existantes. Les Allemands ont pu conserver leur industrie grâce à la robotisation. Cependant, il ne faut pas négliger l’arrivée des imprimantes 3D, qui va bientôt révolutionner le secteur. »

 

Henri de Lestapis, Les Echos