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03/06/2022

Les sept vertus de l’entreprise responsable

Nouvelle donne
« L’accélération est de grande ampleur », selon Jacques Pommeraud, directeur général Afrique, France et services aux gouvernements chez Bureau Veritas. Ce dernier estime que la moitié des ventes de ce spécialiste de l’inspection et de la certification est liée à la thématique de la responsabilité sociétale (ou sociale) des organisations, la fameuse RSE. Quelle que soit leur taille, les entreprises doivent opter « pour des démarches traçables et validées par des tiers de confiance, plutôt que pour des processus déclaratifs, afin de générer le maximum de confiance, analyse le dirigeant : les référentiels sont multiples et évolutifs, les calculs de trajectoire complexes, l’opinion publique méfiante ». C’est qu’en matière de RSE, « il faut être pragmatique et humble, et faire ce que l’on dit en interne avant de communiquer », professent les experts.

 

Nous sommes entrés dans une nouvelle phase du pilotage des entreprises, admet-on au sein de l’association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae) : « Après le pilotage par la performance financière, puis l’injection d’indicateurs sur le capital humain, c’est la naissance des paramètres de durabilité. La question du risque devient : est-ce que l’entreprise a une activité utile, durable et a compris les attentes de ses parties prenantes ? ». La RSE, renchérit Frédéric Chaplain, directeur de la branche assurance IARD du courtier Verlingue, « devient désormais un paramètre à part entière de la gestion globale des risques de l’entreprise ; à très court terme, les assureurs et réassureurs vont intégrer ce paramètre aucoeur de leurs analyses avant de délivrer des garanties ». Veolia, le géant des services de gestion de l’eau, de l’énergie et des déchets s’est efforcé de transformer les contraintes liées à la crise sanitaire en « performance différenciante », détaille Oliver Wild, son responsable des risques, de l’assurance et du contrôle interne. Aujourd’hui, la marque communique sur sa
maîtrise d’un triple savoir-faire : assurer la continuité du service tout en garantissant la décontamination des chaînes de production et la sécurité des parties prenantes.

 

Accélération. Leader mondial de la transformation des ingrédients végétaux, le groupe industriel lillois Roquette consomme beaucoup d’eau. Dans le Nord, il a investi dans une station d’épuration qui génère des économies et, au passage, préserve la biodiversité. Au Canada, il a récemment ouvert la plus grande usine du monde de transformation
de pois à proximité des producteurs, afin de limiter les impacts environnementaux. Soucieuse de sécuriser ses approvisionnements,
Maisons du Monde, la marque de déco française à l’ADN international,
a quant à elle inauguré une nouvelle gamme de produits durables fabriqués en Europe. « Le troisième âge du capitalisme occidental s’invente », se félicite Gaël Giraud, économiste en
chef de l’agence française de développement (AFD) dans sa préface de l’ouvrage L’entreprise comme commun (éditions Charles-Léopold Mayer), co-écrit par les chercheurs Swann Bommier et Cécile Renouard. Une réflexion sur l’après RSE dont il rappelle l’attendu : « réordonner l’activité des entreprises de manière à ce que celles-ci n’agissent plus et ne fussent plus gérées comme des boîtes noires (…) mais comme une communauté de personnes qui travaillent ensemble, et de parties prenantes qui interagissent, au service d’un projet socialement utile »…