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06/02/2019

Les assureurs sur la voie des nouvelles mobilités

Les Echos – Comment les acteurs du marché de l’assurance répondent-ils aux nouveaux besoins en matière d’auto-partage, de covoiturage, de voiture connectée ou encore de véhicule autonome ?

 

Sous l’impulsion des innovations technologiques, de l’économie collaborative et de la quête de réponses aux enjeux environnementaux, une révolution des usages de la voiture est à l’oeuvre. Cette transformation impacte également les entreprises, qui se dotent de flotte de véhicules connectés, autonomes ou semi-autonomes , et qui incitent leurs collaborateurs au covoiturage dans le cadre de plans de mobilité destinés à réduire leur empreinte carbone.

Dans ce contexte, les acteurs de l’assurance doivent s’adapter et proposer des offres intégrant les nouvelles mobilités. « Certains assureurs, mais pas tous, sont parvenus à anticiper et à se positionner en amont. En revanche, tous, sans exception, affichent une réelle volonté d’apprendre de ce nouvel écosystème », observe Raphaël Kerdraon, directeur des flottes automobiles et des nouvelles mobilités chez Verlingue.

 

Des appréhensions chez les assureurs

Si le covoiturage ne pose pas de difficulté d’un point de vue assurantiel, tout du moins lorsqu’il s’agit de transport non rémunéré, l’auto-partage a pour sa part suscité, à ses débuts, quelques appréhensions chez les assureurs, du fait de la multiplicité de conducteurs au cours d’une même journée et de la nécessité d’adopter des tarifications à la minute ou au nombre de jours de voyage. « Nous avons investi ces nouveaux marchés parce que notre priorité est de simplifier l’expérience client. Ils demandent de savoir mettre en place des partenariats avec des start-up, de type OuiCar, et de savoir traiter les données client qu’apportent nos partenaires afin de simplifier l’expérience client », explique Guillaume Gorge, chargé de l’offre IARD aux particuliers et aux professionnels d’AXA.

 

« A l’avenir, il est envisageable de voir fleurir des offres étant le fruit d’un partenariat entre un assureur et un constructeur. » Raphaël Kerdraon, directeur des flottes automobiles et des nouvelles mobilités chez Verlingue.

Autre évolution, l’explosion massive de la connectivité. Désormais, toutes les automobiles sortant des usines sont connectées, ce qui donne accès à une profusion de données relatives aux usages, à la conduite, aux trajets, etc. « A l’heure actuelle, lorsqu’une entreprise assure une flotte, peu importe que les véhicules soient connectés ou pas, cela n’influe pas sur le tarif car les données émanant du véhicule ne sont pas disponibles pour l’assureur. En revanche, à l’avenir, il est envisageable de voir fleurir des offres étant le fruit d’un partenariat entre un assureur et un constructeur », présage Raphaël Kerdraon, ajoutant que « le véhicule connecté constitue un exceptionnel gisement de données permettant parfois de réduire la sinistralité ». « Nous nous sommes aperçus que la vitesse d’accélération ne permettait pas de déduire l’accidentologie du conducteur, alors que la distance au véhicule précédent l’est », poursuit Guillaume Gorge.

 

Des offres sur mesure

Enfin, il faut dorénavant compter avec les véhicules autonomes et semi-autonomes, dotés de systèmes d’assistance à la conduite (Adas, « advanced driver-assistance systems »). En octobre, AXA annonçait un partenariat avec Navya , leader des nouvelles solutions de mobilité intelligente, dans le cadre duquel l’assureur a conçu des offres sur mesure pour ses clients opérateurs. « Là encore, nous voyons une opportunité d’apprendre comment exploiter les données embarquées en vue de mieux prévenir le risque », précise Guillaume Gorge. Les assureurs s’insérant sur ces marchés en pleine mutation, il apparaît qu’il est plus aisé de couvrir les nouveaux risques.

 

Julie Le Bolzer – Les Echos