#NEWS

05/08/2016

e-santé : tous connectés !

Être diabétique et enregistrer en temps réel sa glycémie à l’aide de lentilles connectées. Surveiller son rythme cardiaque, sa température ou encore ses phases de sommeil grâce à un patch… À l’heure de l’explosion du concept de « Santé connectée », certaines entreprises et compagnies d’assurance invitent salariés et assurés à une meilleure prévention en préconisant l’utilisation d’objets connectés : c’est le « quantified self » (mesure de soi).

 

« Santé connectée » : de quoi parle-t-on ?

 

Il s’agit de mesurer, à l’aide d’objets connectés, des données personnelles physiologiques (rythme cardiaque, tension, taux de glycémie…) ou d’activité (sportive, sommeil…), permettant une prise de conscience d’un risque ou d’un état en lien avec la santé, le bien-être ou les soins apportés à un individu.

 

Qu’ils soient portables (montres, bracelets, lunettes, lentilles, vêtements, brosses à dents…) ou non (chaises, lits, bureau…), implantables ou ingérables (pilules et implants), les objets connectés vont devenir incontournables : selon une étude GFK, 150 M€ d’objets connectés ont ainsi été vendus en France l’an dernier.

 

Autant d’objets autour desquels s’est développée une multitude de dispositifs et d’applications à destination des particuliers et des professionnels : le nombre estimé d’applications mobiles santé dans le monde est passé de 6 000 en 2010 à plusieurs centaines de milliers aujourd’hui.

 

Enrichies de conseils personnalisés automatiques, de coachings ou d’un accompagnement par un professionnel de santé, les informations récoltées permettent d’ajuster les comportements et de prévenir les risques.

 

Selon une étude IFOP (2015), 13 % des français possèdent un objet connecté pour surveiller leur santé, et 39 % d’entre eux sont prêts à le partager avec leur médecin.

 

Quels usages dans les entreprises ?

 

Amélioration du bien-être au travail, prévention de l’absentéisme… la santé connectée peut aider à mesurer pour bien agir. Les informations, une fois retraitées et retranscrites, peuvent permettre la mise en place d’actions de prévention et de coaching. Selon une étude ViaVoice, 60 % des salariés sont « intéressés » par une application de prévention personnalisée permettant de suivre leur santé au quotidien.

 

Certaines entreprises choisissent de proposer des outils d’amélioration de la santé à leurs collaborateurs en les encourageant à adopter un comportement plus participatif et responsable. Aux États-Unis, où les initiatives des employeurs sont nombreuses, l’entreprise BP a fourni à ses employés des bracelets capteurs d’activité pour les encourager à faire de l’exercice et, en contrepartie, réduire le coût de leur assurance.

 

Des assurances connectées

 

Des offres assurantielles commencent également à germer : à l’aide d’objets connectés enregistrant le comportement de leurs assurés volontaires, certains assureurs proposent de récompenser les efforts individuels ou collectifs par des réductions de cotisations ou par des avantages commerciaux. L’assureur sud-africain Discovery offre ainsi par exemple des remises pour des hôtels, avions, abonnements de presse…

 

Une régulation nécessaire

 

Tout l’enjeu de la santé connectée de demain est de favoriser la prévention et le suivi de certains traitements, dans un cadre juridique sécurisé.

 

Pour cela, il faut gagner la confiance des utilisateurs : quelles fiabilité, sécurité et validation clinique des outils ? Quelle protection des données personnelles et de santé ?

 

En France et en Europe, le partage, l’hébergement et l’utilisation des données de santé à caractère personnel est une question sensible, tant réglementairement que culturellement.

 

Dans un premier temps, le développement se fera sans doute davantage sur une utilisation basée sur le volontariat des utilisateurs, et notamment des salariés.