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11/09/2018

Comment Verlingue veut industrialiser sa digitalisation

Le cabinet de courtage vient de créer à Nantes une digital factory. Cette équipe d’une dizaine de personnes travaille à une accélération de la digitalisation de l’entreprise. Objectif : proposer rapidement et à grande échelle de nouvelles offres innovantes.

 

 

 

Un pas de plus dans la transformation. C’est ce qu’a entrepris le groupe de courtage Verlingue (9e de notre classement 2018, avec 1,47 Md€ de chiffre d’affaires en 2017) qui a annoncé mi-juillet la création à Nantes d’une digital factory (une usine numérique en bon français). À cette occasion, le courtier s’est associé à l’entreprise Onepoint (1800 salariés, 200 M€ de chiffre d’affaires) l’un des spécialistes dans l’accompagnement et le conseil en transformation numérique. Ce partenariat entre les deux entreprises a été conclu pour une durée de trois ans.

 

 

Changer de culture

 

«Nous avons énormément innové ces quinze dernières années, et créé beaucoup de valeur avec les nouvelles technologies, comme on vient de le voir récemment avec notre plateforme Assur@ccess en assurance emprunteur ou nos deux plateformes destinées aux professionnels de l’immobilier, immo@ccess et DO@ccess, détaille Éric Maumy, directeur général du cabinet de courtage. Mais ce phénomène de transformation numérique est en train de s’accélérer. Tous les métiers sont bouleversés. Les insurtech changent la donne en matière d’expérience client mais, demain, on va aller encore plus en profondeur dans la modification des business models Ce qui explique la naissance de cette digital factory où les collaborateurs de Verlingue vont apprendre à penser différemment, à changer de culture, se familiariser avec de nouvelles méthodes de travail, se doter de nouvelles compétences, en se faisant accompagner par les consultants et experts de Onepoint. « Cela nécessite une énergie et des efforts phénoménaux, ajoute Éric Maumy. D’où ce partenariat avec Onepoint pour faire passer un cap à l’entreprise, l’accompagner et la faire entrer véritablement dans le XXIe siècle ».

 

Cette digital factory devrait compter une dizaine de personnes dans un premier temps, mais devrait rapidement monter en puissance. Objectif ? Apporter une expertise digitale aux équipes de Verlingue et, plus largement, aux différentes entités de sa maison mère, le groupe Adélaïde. Et, surtout, leur apprendre une nouvelle manière de travailler afin d’être en mesure de développer rapidement, et à grande échelle, de nouvelles offres de services innovantes. Bref, la digitalisation du groupe de courtage est passée en mode industrialisation.

 

 

Les clients associés

 

Pourquoi avoir choisi Nantes, où Verlingue disposait déjà de locaux, pour installer cette digital factory ? Ce n’est pas le fait du hasard tant l’écosystème local, labellisé FrenchTech, est orienté vers le numérique. Avec près de 1 400 entreprises installées dans ce secteur d’activité (soit quelque 20 000 postes au total), la métropole de l’Ouest est même la ville de France ayant enregistré la plus forte croissance de l’emploi numérique en 2017. Autre atout de Nantes : « D’un point de vue logistique, précise Éric Maumy, la ville est facilement accessible pour l’ensemble de nos équipes réparties sur le reste du territoire. »

 

Autre originalité du projet : cette digital factory n’est pas seulement le fruit d’un partenariat entre un acteur de l’assurance et un spécialiste de la transformation. Les clients du courtier sont également amenés à y être associés. « Nous avons mis six mois pour tisser ce partenariat, choisir les équipes et les consultants avec lesquels nous allons travailler, ajoute Éric Maumy. L’idée étant d’adopter une démarche de coconstruction avec nos clients, afin de coller au plus près de leurs besoins. Nous avons également testé cette nouvelle approche auprès de certains d’entre eux. Une expérimentation a ainsi été menée dans deux métiers : l’emprunteur et l’immobilier. Et nous sommes en train de le faire sur la protection sociale ». À chaque fois, des clients (DRH, banquiers, syndics ou administrateurs de biens) ont été associés, via des workshops, avec, à l’arrivée, un résultat visiblement déjà très probant.

 

Olivier Baccuzat, Rédacteur en chef – L’Argus de l’Assurance