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10/01/2017

Bilan mitigé de la généralisation des complémentaires santé

Un an après l’entrée en vigueur de la mesure tirée de la loi de 2013, les salariés bénéficiaires ne sont pas mieux couverts. Leur reste à charge a augmenté. Témoignage d’Eric Maumy, Directeur général de Verlingue dans le dossier du Figaro.

 

Dossier | Le Figaro | 10 janvier 2017

 

[…] En généralisant la complémentaire santé en entreprise début 2016, le gouvernement voulait mieux couvrir tous les salariés. Un an plus tard, le bilan est bien maigre : le marché n’a pas été bouleversé, les entreprises ont payé de nouvelles charges et les salariés ne sont pas mieux protégés. Au contraire, beaucoup sont contraints de souscrire à leurs frais des surcomplémentaires pour conserver leur niveau antérieur de remboursement. […]

 

[…] La loi de juin 2013, transposant un accord entre le patronat et les syndicats sur la sécurisation de l’emploi, oblige en effet toutes les entreprises à proposer une complémentaire santé collective et à prendre au moins 50 % du coût à leur charge. Une pratique courante dans les grands groupes et les grosses PME que le gouvernement a voulu étendre à environ 400.000 TPE, soit 10 millions de personnes avec conjoints et ayants droit. […]

 

[…] «20 % des entreprises n’ont pas basculé», confirme-t-on à la Confédération des PME (CPME). En cause? Le coût, entre 15 et 30 euros par mois par salarié, et un formalisme juridique accru. […]

 

[…] Reste que, dans les entreprises qui ont franchi le pas, les salariés sont loin d’être gagnants. De fait, près de 95 % disposaient déjà d’une complémentaire santé avant la loi de 2013: 56 % en contrat individuel – essentiellement une mutuelle – et 44 % en contrat collectif. Or la couverture de la mutuelle d’entreprise a été définie, par les partenaires sociaux, pour un panier de soins a minima. Résultat, les salariés qui ont basculé vers un contrat collectif se sont parfois retrouvés moins bien couverts. […]

 

Part employeur fiscalisée

 

[…] Sans compter que les cotisations payées par l’employeur, désormais considérées comme un avantage en nature, sont fiscalisées depuis le 1er janvier 2013. Ce qui a augmenté, entre 90 et 150 euros, les impôts des contribuables. […]

 

[…] Surtout, plus de 90 % des contrats complémentaires sont dits responsables et répondent à un certain nombre de critères en échange d’une fiscalité avantageuse. Or en avril 2015, le gouvernement les a réformés, introduisant des plafonds de remboursement pour limiter les dépassements d’honoraires. Résultat, les salariés ont vu leur reste à charge s’envoler. «Il a augmenté de 10 % en 2016. Avec une hausse de 37 % sur les spécialistes, 27 % sur la petite chirurgie et 100 % sur les frais d’hospitalisation », pointe Éric Maumy, patron du courtier en assurance Verlingue. […]

 

L’essor des surcomplémentaires

 

[…] Pour renforcer sa protection, l’assuré peut souscrire une surcomplémentaire santé facultative en plus du régime collectif et obligatoire mis en place dans l’entreprise. L’intérêt est, pour le salarié qui en paie les cotisations, de consolider la prise en charge de ses frais de santé grâce à un troisième niveau de garantie, le premier étant l’Assurance-maladie (de base) et le deuxième, la complémentaire santé d’entreprise. L’employeur, qui pilote la négociation, peut ainsi proposer à ses salariés un complément de garanties performant sans augmenter son budget. «Près de 60 % des nouveaux contrats mis en place en 2016 ont été construits selon ce modèle», indique Éric Maumy, directeur général du courtier en assurances Verlingue. […]

 

Marie-Cécile Renault

Le Figaro