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29/08/2018

Anticiper la question de la dépendance

L’Université d’été 2018 du Medef, qui se tient les 28 et 29 août sur le campus HEC de Jouy-en Josas (Yvelines), a pour thème « 20 ans ». A cette occasion, l’Opinion passe au crible les grandes fonctions de l’entreprise : peut-on réfléchir à vingt ans en matière de ressources humaines, de R & D, de sites industriels, d’exportation ou d’implantation à l’étranger, de « top management » ? Est-il possible d’anticiper à un tel horizon ? Est-ce souhaitable, indispensable, ou au contraire illusoire, infaisable, ridicule ? Comment concilier la gestion au jour le jour, l’obsession du résultat trimestriel et le besoin de penser à long terme ?

 

Retrouvez l’intervention d’Eric Maumy, Directeur général de Verlingue, dans le dossier spécial de l’Opinion consacré à l’Université d’été du Medef.

PEUT-ON PILOTER sa protection sociale d’entreprise à vingt ans ? « C’est la culture de l’employeur, c’est-à-dire la manière dont il conçoit la protection de ses salariés, qui doit guider ses décisions, alors que les entreprises doivent faire face à un afflux massif de nouvelles normes et obligations », explique Eric Maumy, directeur général du courtier Verlingue.
Ces derniers temps, les questions réglementaires ont en effet pris le pas sur le reste. Surtout avec la mise en place de la complémentaire santé généralisée et les nouvelles contraintes applicables aux contrats santé dits « responsables ».

 

Journée « papy malade ». Cela ne va pas s’arranger avec la mise en place de la réforme sur le reste à charge zéro, qui doit entrer en vigueur à compter de 2020. Avec cette promesse d’Emmanuel Macron, les salariés vont pouvoir accéder à des lunettes, des prothèses dentaires ou auditives préalablement sélectionnées, sans avoir plus rien à avancer. C’est une bonne nouvelle pour les plus modestes mais, pour les entreprises, ce sont encore des mois de chantiers, pour mettre à nouveau leurs contrats complémentaires santé aux normes. Malgré tout, l’obligation de cofinancer un contrat pour tous ses salariés a responsabilisé les chefs d’entreprise. « Ils sont de plus en plus sensibles aux questions de prévention, avec deux enjeux majeurs : la bonne santé de leurs salariés et le bien-être au travail », poursuit Eric Maumy. Ce thème revient en force et la ministre Agnès Buzyn l’a inscrit dans ses plans de transformation du système de santé.

 

Les entreprises ont encore du mal à dépasser le stade de la complémentaire santé pour s’emparer de la question à plus long terme du grand âge. Elles ne se sentent pas concernées. « Le sujet de la dépendance, avec l’instauration de garanties pour les salariés aidants familiaux, commence à émerger. Si la journée “enfant malade” est bien ancrée dans les esprits, la journée “papy malade” reste à inventer. Certaines entreprises y réfléchissent », dit Vincent Harel, directeur santé et prévoyance de Mercer France.

 

Reste enfin le sujet de la retraite par capitalisation. « La prochaine réforme des retraites va imposer de repenser l’approche. Les cadres et plus particulièrement les cadres supérieurs et dirigeants seront fortement impactés, explique Eric Maumy. Il conviendra de proposer des solutions adaptées. »

 

Mireille Weinberg – L’Opinion